777 tankas

Depuis quelques temps, j’écris des tankas, ces brefs poèmes d’inspiration japonaise qui déploient trente-et-une syllabes et pas une de plus. La concision est difficile mais j’apprécie l’exercice qui toujours m’apprend quelque chose. Il me semble que ces poèmes sont des échappées qui découvrent des états que je ne soupçonnais pas ressentir. Je me suis promis d’écrire sept-cent-soixante-dix-sept  tankas mais c’est davantage un horizon qu’un objectif. Cela me prendra des années et c’est très bien ainsi. les tankas à suivre sont sélectionnés parmi mes premiers essais et numérotés comme autant d’étapes jusqu’au sept-cent-soixante-dix-septième.

4
Je reviens chez moi
il n’y a rien à attendre
le jour s’amenuise

le bambou à la fenêtre
occupe toute la place

16
la fête commence
ou bien elle continue
je passe à côté

la maison me parait vide
le jardin est une jungle

24
féal de la nuit
je romps mon engagement
envers ma maitresse

les yeux grands ouverts, je pars
à la recherche du jour

30
laissez-moi ici
dans ce pays de lenteur
où le temps s’épuise

s’il ne reste rien de moi
c’est que la vie m’a aimé

47
la parole en l’air
vole comme un papillon
au dessus du feu

elle englobe la lumière
et enchante le silence

57
espoir, désespoir
chant d’appel et de rejet
comme à l’équinoxe

la vague qui me submerge
vient d’une mer intranquille

66
tous les jours, toujours
devant la boulangerie
des enfants mendient

ils prennent ce qu’on leur donne
et gardent la tête haute

Si vous souhaitez en savoir plus sur l’histoire du tanka, c’est par ici.

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7 réflexions sur “777 tankas

  1. J’aime beaucoup, Jérôme. Ta plume y crée de belles envolées, je trouve. Ça coule à la lecture.
    Puis j’ai suivi le lien. Cette idée de « mores » est fascinante. Tu t’y tiens? Tu arrives à compter?

    J'aime

      1. En fait, Jérôme, quand je te demandais si tu arrivais à compter, je parlais plutôt des « syllabes » – qui n’en sont pas vraiment semble-t-il, du moins pas des syllabes comme nous l’entendons. Après avoir lu la fiche sur les tanka, et ensuite lu celle sur les « mores », j’en comprends que le rythme des syllabes des tanka est différent de celui de nos syllabes… Bref, j’essayais de compter les syllabes de tes tanka et je n’arrivais pas toujours à trente-et-un… je me suis donc demandé si ça venait du fait de nos accents et/ou d’une attention que tu aurais portée aux « mores »… Bref, tout ça est fascinant!

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