Nostalgie impossible

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Un poème pour dire une nostalgie impossible : celle d’un département de la France profonde où j’aurais pu passer mon enfance. J’y suis allé il y a quelques mois avec ma mère et le poème s’inspire de ce petit périple :

En Creuse

Dans le torrent les souvenirs,
c’est un jardin où je me perds.
Pourquoi graver les repentirs
à cinq euros le caractère ?

Sur une vidéo tremblante,
j’interroge l’eau qui défile.
Le ciel est bas, comme en attente.
Je vais enfin rompre le fil.

La maison me parait intacte.
Je remonte dans la voiture.
C’était hier et j’en prends acte.
Rien de demain ne me rassure.

Ce n’est plus vraiment un village.
Ils sont tous partis vivre ailleurs.
Mon amoureux du premier âge
n’espère plus rien du bonheur.

Plus aucun camion à maudire :
ils faisaient trembler les fenêtres.
Dans les gravats les souvenirs,
j’ai oublié et c’est peut-être

ça que j’ai du mal à comprendre :
je n’étais pas fait pour y vivre.
Toutes les ruines sont à vendre.
La nostalgie c’est de survivre

alors que les prénoms s’effacent.
Les neufs gradins dans le granit
s’amenuisent. L’ultime trace
c’est l’eau stagnante qui abrite

mon visage au cours d’une marche
dans le bois secret de l’enfance.
Maintenant, je passe sous l’arche.
Je reviendrai pour les vacances.

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2 réflexions sur “Nostalgie impossible

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