Un peu d’introspection ne nuit pas

En écrivant, on parle souvent avec soi-même. Il n’est même pas nécessaire de bien se connaître, au contraire. le monologue s’invente mot à mot sur le papier ou sur l’écran. Tant qu’on peut garder la distance qui évite à la fois l’autosatisfaction et l’autoflagellation, les surprises sur soi sont possibles. C’est tout l’enjeu de l’introspection.

La rue du dernier poème

Seul dans la ville pluvieuse,
je me protège de moi-même.
Ma joie d’en être est sérieuse.
Est-il ici quelqu’un qui s’aime

au point d’avoir le sentiment
d’avoir toujours fait le bon geste,
sans réfléchir, au bon moment,
avec la bonté manifeste ?

Ça tambourine sous mon crane
des gouttelettes de remords.
Hier brûlant la joie profane
je n’ai pas vu l’homme qui dort,

je n’ai pas croisé le regard
de la mendiante accroupie.
J’étais perdu dans mon brouillard
mais aujourd’hui j’en suis sorti

pour me précipiter ailleurs
mais je suis toujours dans ma peau.
je tourne en rond et je me leurre
en croyant maîtriser mes mots.

La ville est l’exacte réplique
du dédale de mes absences.
Plongé dans un état critique
j’aimerais perdre connaissance

pour me réveiller au soleil
dans le jardin du premier jour.
C’était simple mais sans pareil.
La vie n’avait aucun atour.

Si je suis ici détrempé
dans la rue du dernier poème,
c’est pour demain recommencer
à oublier d’être moi-même.

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Une réflexion sur “Un peu d’introspection ne nuit pas

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