Hirondelle

L’hirondelle annonce le printemps et son vol fantasque inspire un sentiment de liberté. Si seulement on pouvait, à certaine heure, se changer en oiseau et danser dans le ciel. Mais comment la pesante bonne et mauvaise conscience d’un humain tiendrait-elle dans quelques grammes d’os et de plumes ? Et, un fois changé en oiseau, pourquoi revenir à son état antérieur qui ne connaît jamais l’ivresse ? En attendant de voir ma première hirondelle de l’année et d’espérer qu’elle m’attrape dans son bec, j’ai écrit ce poème :

L’hirondelle

Quand j’ai fini mon service
je m’élance vers le ciel.
Je deviens une hirondelle
aux ailes noires, tentatrices.

Je m’éloigne de la ville.
Je m’approche du soleil.
Mon orgueil est sans pareil
et sans raison, je pars en vrille.

Je dépasse la musique
qui jamais ne m’ensorcelle.
J’avale les étincelles
qui fusent des fils électriques.

Je pourchasse les limites
bien au-delà de la mer.
L’horizon se désespère
quand je refuse ses invites.

L’étoile devient ma cime,
la frôler reste promesse.
Si je plonge c’est d’ivresse
dans la gaité de la déprime.

La chute me paralyse,
asséchée comme une pierre.
Demain sera comme hier :
toujours le merveilleux se brise.

Sauf si vous voyez venir
le début de ma défaite
et pour rire de la fête
levez le nez sur mon délire.

Sur tous vos regards, je glisse.
Pardonnez que je m’élève.
Je renverserai vos rêves
si la folie fait son office.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s