Aux cinéphiles

Marcher sur un tapis rouge, parader en robe ou costume de soirée, accorder un sourire aux  photographes, faire bonne figure dans un grand théâtre, parfois aller chercher une récompense, remercier longuement, verser une larme, voilà le rituel annuel que montrent les Césars, Oscars, Grammy et autres cérémonies du cinéma. Mais ces grand-messes glamour ne célèbreront jamais les cinéphiles, ces amoureux transis qui vivent le cinéma comme une passion absolue. Avec ce poème, j’ai voulu leur rendre hommage alors que la cinéphilie (comme une manie et non comme un loisir ou un sujet d’études) tend à disparaître, il me semble :

Sonnet du vieux cinéphile

Il était cheminot mais sa passion ultime
allait au cinéma qui mystifie la vie.
Quand le noir est parfait, que l’écran s’illumine,
il traversait un monde où tout s’intensifie

et quand il ressortait la rue était immonde.
Il avait renoncé à expliquer pourquoi
un film est un miracle où dansent les secondes,
toujours vives, aux adeptes du rire gras.

Il était capable de parcourir la ville
pour se replonger dans l’immaculé regard
d’une étoile muette finissant d’éblouir.

Souvent, il revoyait la séquence où défilent
la douceur et la joie d’une vie dans le noir.
Dans les chemins obscurs, il rêvait de partir.

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