Aux clandestins

Ce poème est dédié à une femme vue dans un documentaire  intitulé Clandestins, d’autres vies que les nôtres d’Andrea Rawlins-Gaston et Laurent Follea. Parmi toutes les paroles intenses de ces hommes et femmes, il y avait celle d’une chinoise qui racontait sa difficulté et son désir de vivre en France. L’acmé de son témoignage était ce moment terrible où elle a échappé à un viol dans un tunnel qui ressemblait à celui du métro parisien.

Sonnet de la clandestine

Elle disait non non à l’entrée du tunnel.
Elle tournait la tête comme seul recours.
Après autant d’années, elle oubliait le jour
où, dette remboursée, retentirait la belle.

Elle entendait partout patrouiller la police.
La sirène scandait une angoisse infinie.
Elle disparaissait dans un trou de souris
parmi les pourchassés que la peur rapetisse.

L’ombre qui la serrait avait les yeux luisants.
Elle devait s’enfuir pour elle et ses enfants,
retrouver son chemin sans parler à personne.

Elle ne s’habituerait jamais au silence
ni aux sanglots des souvenirs qui l’emprisonnent.
Elle étoufferait ça pour trouver place en France.

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8 réflexions sur “Aux clandestins

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