Aux oubliés

Je dédie ce poème aux personnes qui, dans les familles, sont destinées à être oubliées : pièces rapportées de secondes noces, amours des secrets mal gardés, parents lointains et honteux, ceux qui sortent du cadre, ceux qui s’éloignent, ceux qui disparaissent :

Sonnet de l’ex-femme

Il était cultivé, intelligent, gentil
et presqu’insupportable à moins de divorcer.
Mais comment renoncer à l’homme de sa vie ?
Le jour de sa mort, elle détenait les clés.

Les enfants inconnus ne savaient pas quoi faire
sauf prendre des papiers et des photographies.
Personne n’a parlé : ni regret ni colère.
Elle espérait, après, partir très loin d’ici.

Elle seule savait où disperser les cendres :
une plage en contre-bas du fort de Calvi.
Elle lui avait donné un peu d’équilibre.

A la fin, il avait peut-être pu comprendre
qu’il lui devait beaucoup mais que c’était fini.
Il était temps pour lui, pour elle, d’être libres.

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2 réflexions sur “Aux oubliés

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