L’apnée

L’approche de l’hiver me fait espérer un fleuve gelé, des trottoirs luisant de verglas et des nuits glaciales. La vie semblera plus intense et  périlleuse. Mais il n’est pas question que je retienne mon souffle pour éviter la vie et ses dangers.

Qu’importe l’apnée

Les mâchoires de la nuit
claquent dans mon dos,
qu’importe la flaque
gelée où je valdingue
si je lâche enfin prise

pour embrasser les lèvres
entrouvertes du fleuve,
qu’importe le vol
plané qui me torpille
si la bouche se brise

et m’attire plus bas
où je dois m’incliner,
qu’importe la traversée
verticale du baiser
si l’instant me suspend

dans l’eau qui passe
comme le temps se vrille,
qu’importe l’apnée
réflexe qui s’immisce
si le fond me recueille.

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6 réflexions sur “L’apnée

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