Un paysage simple

J’ai écrit ce poème en Normandie dans un paysage simple qui se résumait à la plaine et au ciel. J’avais l’impression dans cette abstraction horizontale d’être le seul vivant, le seul dressé. Cette illusion m’aidait à avancer et donc à écrire.

Avec le vent

Marcher contre le vent
à la jonction d’une terre nue
et d’un ciel immense.
Se croire seul au crépuscule
malgré tous les indices
d’une vie imminente.
Se rapprocher des arbres,
les entendre grincer.
Tourner le dos aux champs,
ignorer les maisons,
ignorer les voitures.
Laisser le ciel descendre.
Marcher avec le vent
dans la nuit hésitante.
Se croire le seul vivant
malgré tous les témoins
d’une veille inutile.
Et juste avant de rompre,
juste avant de sombrer,
commencer à chanter.

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4 réflexions sur “Un paysage simple

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