Catastrophe

J’ai écrit ce poème il y a quelques années pour m’amuser du catastrophisme, comme d’une manie profondément humaine. Ma nature optimiste me pousse à penser qu’aucune catastrophe n’est définitive, que le ciel ne peut pas toujours s’assombrir. Pourtant, ces jours derniers, je me demande si ce texte n’est pas  à lire au premier degré, comme une prémonition funeste avant une fête à tout casser :

Le mur

Droit dans le mur on va
droit à la catastrophe :
d’après tous nos calculs
la tempête se rapproche.

Droit dans le mur on va
s’embrasser à pleines bouches :
notre maison s’écroule
et le sol se dérobe.

Droit dans le mur on va
tomber sous les caresses :
à la moindre secousse
dans le vide on bascule.

Droit dans le mur on va
dilapider nos corps :
par tous les orifices
le silence se rebiffe.

Droit dans le mur on va
jaillir comme des fontaines :
la perspective est telle
qu’il faut crever le ciel.

Droit dans le mur on va
brûler le temps qu’il reste :
le trésor est pillé
et le feu nous chevauche.

Droit dans le mur on va
dégueuler la débauche :
s’enfoncer jusqu’aux yeux
dans la boue qui nous lèche.

Droit dans le mur on va
droit à la catastrophe :
le branle-bas  recommence
et le fou-rire nous croche.

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