Dans le caniveau

J’ai écrit ce poème il y a longtemps. Mais aujourd’hui encore, il est d’actualité (si tant est qu’un poème puisse l’être) quand je constate le sort difficile que l’on fait parfois aux enfants.

Un enfant dans le caniveau

Un petit enfant dans le caniveau
les deux mains ouvertes, plongées dans l’eau,
le crâne fracassé et les yeux clos
avec un grand rire aux éclats.

Les mille passants devant le corps,
le col relevé, le regard mort,
écrasent du talon son cerveau d’or
ou bien alors changent de trottoir.

Le flot incessant du sang qui coule
équitablement nourrit la foule,
un sang neuf et pur, un sang qui saoule,
écartant la peur de l’avenir.

Voilà l’enfant blafard et vidé,
glissant sans un bruit sur l’eau rassasiée,
gorgée de débris, puanteur glacée,
elle referme sur lui son voile de dégout.

Et la foule immense envahit la ville,
les passants ont l’air tellement fragile,
traquant sans relâche l’enfant immobile,
l’enfant innocent, l’enfant sacrifié.

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4 réflexions sur “Dans le caniveau

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