Bois de rêves

 

Je propose un poème inspiré d’un film récent : Le bois dont les rêves sont faits de Claire Simon. C’est un documentaire tourné au bois de Vincennes qui montre ses habitants et ses promeneurs, ses professionnels et ses amateurs. Ce poème n’est pas un compte-rendu ni une critique mais une rêverie  après un beau film.

Bois de rêves

Je ramasse du bois dans mes rêves
pour allumer un feu et voir au travers
les vestiges d’une philosophie très ancienne,
les cabanes secrètes des derniers indiens,
les deux prostituées qui savent l’amour,
la ronde des désirs derrière chaque buisson,
les rôdeurs affamés qui s’approchent
et les solitaires qui s’évitent.
Parfois, la pluie tombe :
c’est la nostalgie d’un pigeon exceptionnel,
d’un régiment de parachutisme,
du Cambodge éternel et de l’avion miniature.
Il est si dur de raviver les jours heureux.
Les saisons tournent.
Les arbres s’écartent et se resserrent.
L’humidité imprègne les couvertures.
C’est une philosophie très ancienne :
autour d’un brasier, il faut faire la fête,
célébrer l’instant même mais ne rien oublier
et partir avant que tout s’achève.
Le bois appartient aux yeux grands ouverts.

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5 réflexions sur “Bois de rêves

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