24 chemins de poésie


Je lis depuis plusieurs semaines l’anthologie de poésie suivante :

Poésies de langue française : 144 poètes d’aujourd’hui autour du monde
Une anthologie de Stéphane Bataillon, Sylvestre Clancier et Bruno Doucey
Editions Seghers, 2008.

L’intérêt pour moi est bien sûr de découvrir de nouvelles voix et de relire des poètes que je croyais connaître. Les auteurs sont de toutes les générations, de tous les continents, de toutes les sensibilités. De plus, chaque poète a pu dire dans une introduction au poème qu’il présentait ce qu’il pensait de la poésie, du rôle du poète aujourd’hui, de la  poésie de langue française.
C’est dans ces introductions que j’ai pioché 24 phrases qui peuvent être lues comme autant de définitions de la poésie, lapidaires, mystérieuses, lyriques, heureuses, engagées, sensuelles. Même si le hasard m’a beaucoup aidé, je trouve qu’ à travers ce choix s’ouvre un chemin de lecture et pourquoi pas d’écriture. 

Henry Bauchau, poète belge :
Survient un son, un rythme, une image, une intuition et j’ai soudain le désir, l’espérance d’écrire un poème.

Sylviane Dupuis, poétesse suisse :
Tout vrai poème recommence la poésie.

Amadou Lamine Sall, poète sénégalais :
Pour moi, la poésie est la parole humaine quand l’homme en use pour le culte du Beau, et le Beau ne peut naître que de l’Amour, et n’est-ce pas l’Amour qui a inventé l’homme ?

Elise Turcotte, poétesse québécoise :
Si la poésie fait entendre le rythme profond de la vie, c’est bien parce qu’elle vient de notre capacité de refus, d’un espace de combat, aussi petit soit-il, il est grand, nécessaire.

Jérôme Nicolle, poète français :
Que le monde change ou pas, le poète sera toujours là.

Nicole Gdalia, poétesse tunisienne :
La poésie a pour forme la vérité de l’homme dans ses visages multiples et sa face universelle.

Gabriel Mwéné Okoundji, poète congolais :
Je crois que la poésie est avant tout chant originel des mots de terre et de ciel qui aident au cheminement de l’humain dans la traversée des sentiers de la destinée.

Linda Maria Baros, poétesse roumaine :
La poésie est une machine à hacher par dedans les labyrinthes et les distances.

Lambert Schlechter, poète luxembourgeois :
Lire / écrire de la poésie c’est une essentielle manière d’être.

Ariane Dreyfus, poétesse française :
La poésie ne peut pas changer le monde mais grâce à elle nous nous élargissons tout en étant présent à nous-mêmes, et ne faut-il pas du reste en commencer par là ?

James Noël, poète haïtien :
La poésie me permet de partir, partir sans me fuir.

Jeanine Baude, poétesse française :
Écrire c’est vivre.

Lutter, aimer, danser, manifester, exister, sans nul doute et dans toute sa splendeur, sa misère, son urgence.

Jean-Pierre Vallotton, poète suisse :
L’engagement du poète devrait être total : on ne l’est pas seulement le dimanche entre seize heures et dix-sept heures, le temps de pondre un œuf.

Marlena Braester, poétesse roumaine :
La poésie ? Cette marche lente jusqu’à l’arrêt sur l’image.

Francis Combes, poète français :
La poésie est une fabrique de bonheur.

Myriam Montoya, poétesse colombienne :
L’écriture poétique est un acte qui essentiellement part des sens, elle s’efforce de combler un vide, imposer un ordre provisoire au chaos, donner une trace à l’instant éphémère ou appréhender tout ce qui se révèle.

Mohamed Grim, poète algérien :
La poésie c’est écouter la voix mélodieuse des tourterelles que le vent disperse vers l’horizon sans fin, la sveltesse des gazelles qui brillent dans le calme féérique du désert ; ce sont les songes qui appellent les solstices d’été dans les plaines de l’éternité, le murmure des cascades, la harpe poivrée du monde qui murmure sa brûlure dans les jardins spirituels des sages, les mots de nos matins, les syllabes magiques qui jaillissent au croisement des étoiles, un morceau de Méditerranée qui dérive jusqu’à nous en de miraculeuses moissons de fraternité.

Janine Mitaud, poétesse française :
Chaque poème va devoir être porteur d’un amour jamais nié.

Jean Royer, poète québécois :
La poésie est le lien de la terre.

Tanella Boni, poétesse ivoirienne :
Quelle que soit la langue qu’elle parle, est poésie, il me semble, le lieu où se joue l’essentiel entre humains.

Jacques Tornay, poète suisse :
La poésie étant d’abord l’expérience de sa vie intérieure, réseau d’émotions et d’imaginaires dans une solitude choisie, elle n’en a pas moins ce curieux privilège de transmettre de l’essentiel, de donner à lire ou à entendre une vision du monde et une part de vérité dans une écriture qui, idéalement ne ressemblera à celle de personne.

Maximine, poétesse française :
La poésie commence pour moi par une écoute permanente de la langue – lecture solitaire, lecture orale d’autres poètes, Internet, conversations, chansons – qui guette tout ce qui lui semble poésie : l’émotion capturée, la forte parole, le cri bien lancé, la métaphore qui frappe, le rythme qui entraine…

André Velter, poète français :
La poésie est le chant profond des vivants qui ne renoncent pas aux enchantements de la vraie vie.

Dominique Aguessy, poétesse béninoise :
La poésie peut changer notre façon d’être au monde.

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5 réflexions sur “24 chemins de poésie

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