Un poème de métro

Même si c’est malpoli d’observer les gens et d’écouter les conversations, j’en ai fait mon passe-temps favori quand je suis dans le métro. De mon dernier voyage sous terre est issu ce poème de métro, selon la règle de Jacques Jouet.

La bonne étoile
(poème de métro lignes 5-11-5-8)

Quatre lycéens, une accolade
pour des amis de trente secondes
qui effaceront ma silhouette
et me débarqueront sur le quai.

Je vais me souvenir
d’une étoile tatouée sur la pommette
à la place d’une larme
– Deux filles et deux garçons –

et de leurs visages qu’ils trouvaient si jolis
en regardant leur snapchat.
Les filles étaient hilares, les garçons souriants.
Ce n’est pas à moi qu’elles ont dit :
« Toi au moins tu as réussi ta vie »

mais au plus beau de tous
qui avait enfin trouvé un toit.
Ce soir il mangerait des pâtes.
Grâce à ses études, il aurait un travail
et dans cinq ans, il se marierait.
Sa bonne étoile le suivait
et s’était posée sur sa pommette.
Grâce à ce tatouage désormais
Ils avançaient vers l’avenir
– deux filles et deux garçons –
sûrs de leur beauté et de leur chance.

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8 réflexions sur “Un poème de métro

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