De la première à la dernière page

Crayon ou clavier ? Papier ou écran ? Fichier ou carnet ? J’ai choisi le camp du crayon et du carnet depuis longtemps même si parfois comme ici, pour des raisons pratiques de communication, je me retrouve devant un ordinateur. Je ne sais pas pourquoi mais remplir un carnet de la première à la dernière page est pour moi quelque chose d’important. Prendre des notes, écrire, observer : j’ai l’impression que c’est ce que je dois faire. Mais la plupart du temps cela me semble une tâche impossible et dérisoire, comparée à la complexité de n’importe quelle vie.

Une porte s’ouvre

J’ai des tas de carnets à remplir :
des petits, des longs, des grands
et je ne sais pas quoi dire.
Le monde est bien trop vaste,
les gens sont compliqués,
bavards ou secrets,
et les arbres depuis longtemps
ne me font plus confiance.
Si j’établissais une liste de listes,
les vérités-mensonges, à n’en pas douter,
se battraient pour l’honneur de la première rature.
Mais par où commencer ?
La vie est simple, les arbres sont muets,
le monde est tout petit et rien ne me fait peur.
Mais dès qu’une porte s’ouvre, je n’en suis plus si sûr.

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12 réflexions sur “De la première à la dernière page

  1. Ça fait très longtemps que j’ai abandonné les carnets… il m’arrive cependant encore de noter des idées ou des instantanés sur des bouts de papiers. J’ai aussi un bloc notes, quand je suis en période de préparation d’un scénario, pour y jeter des idées, une ébauche de personnage ou de séquence.

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    1. j’ai l’impression que le choix du support et de l’outil influencent le résultat. Le romancier Jean Echenoz qui est passé de la machine à écrire à l’ordinateur dit que pour lui écrire à l’ordinateur c’est comme « sculpter de l’eau ». Une sensation difficile à imaginer…

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  2. Joli ; j’ai lâchement résolu – pour mon compte – l’affaire : il y a les arbres-du-monde que je ne sais pas lire, et ceux qui poussent dans les pages que je gribouille : ceux là ne savent rien me cacher – bien sûr, en échange, je leur offre du papier de l’encre et des mots.

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  3. Comme je te comprends, je suis une maniaque compulsive des cahiers … J’en ai toujours 3 ou 4 qui traînent : le petit à glisser dans le sac, le plus grand sur le bureau, le joli pour les belles idées, le fourre-tout … Merci pour ce joli texte.

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  4. Pour ma part j’aime aussi beaucoup les carnets! Surtout pour écrire des poèmes. J’ai besoin de sentir la matière et l’épaisseur; j’ai besoin de raturer, d’écrire dans tous les sens et en marge, de souligner, de mettre des couleurs.
    J’y jette aussi des idées (de scénario; philosophiques; de scènes; d’images), des phrases et des mots obsédants.
    Mais cela ne m’empêche pas d’écrire aussi beaucoup sur ordinateur: pour mes romans, pour ne pas avoir à recopier.
    Autre support: je me sers souvent de mon téléphone comme d’un bloc-notes, parce que je l’ai toujours sous la main…

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