L’automne puis l’hiver

Depuis quelques semaines, la lumière diminue. Ce qui veut dire que bientôt, il fera nuit en fin d’après-midi. Dans l’obscurité des jours à venir, je vais chercher à tâtons un chemin pour traverser l’automne puis l’hiver.

L’obscurité même

Avec la rapidité du regard
je plonge dans la nuit
plus douce que la peau douce
des souvenirs.

Je suis avide :
ma bouche peut engloutir
les amours et les regrets
d’une ville entière.

Je suis inquiet :
rien ne doit sortir,
aucun mot, aucun sourire,
de mon sommeil.

J’attends le passage du soir.
Des hommes aux aguets,
des enfants blottis
traversent l’instant.

Mon œil les retient.
Leur vie est contenue
dans un rai lumineux,
une seconde à peine.

Avec la lenteur du rêve,
je plonge au plus profond
d’une nuit sans lendemain
– l’obscurité même.

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11 réflexions sur “L’automne puis l’hiver

  1. Des images fortes, qui dégagent une vraie émotion et une belle musicalité. Mais l’automne et l’hiver ne sont pas nécessairement un long tunnel obscur et glacé. Et quand bien même, l’obscurité à son charme et le froid de même. (la pluie moins, beaucoup moins pour moi… encore qu’on puisse chanter et danser sous la puie)

    Aimé par 1 personne

    1. C’est davantage le poème d’un instant qu’une opinion fondée et inamovible. Sans doute l’obscurité a son charme (quoique par ici l’obscurité et le silence sont des denrées rares) à condition d’en sortir.

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