En deçà

Souvent l’écriture est décevante car elle opère en deçà de ce que je voudrais toucher. Cet en deçà est mon seul territoire. Il faut m’en contenter. C’est le sujet de ce poème :

Prison légère

Si je savais, si je pouvais,
j’écrirais sur l’eau qui ruisselle
sur les vitres les jours de pluie
et chaque goutte serait le signe
d’une vie hésitante et pourtant accomplie.

Si je savais, si je pouvais,
j’attraperais le rayon de lumière
aveuglant dans le miroir :
il dit la vérité de l’instant même,
celle que je ne peux savoir.

Si je savais, si je pouvais,
je plongerais dans mon ombre
au moment où elle en touche une autre
pour fonder la République des ombres
– toute frontière se passe en fraude.

Si je savais, si je pouvais,
je trouverais cent-vingt mots de tous les jours
pour tisser une prison légère
où mes espoirs seraient piégés :
ça, je crois pouvoir le faire.

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12 réflexions sur “En deçà

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