Aksinia Mihaylova

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Je voudrais partager ma dernière lecture poétique. Il s’agit du livre « Ciel à perdre » d’Aksinia Mihaylova, (Gallimard, 2014). Je ne connais rien de cette auteure sinon qu’elle est bulgare et traductrice de Jean Genet et de Georges Bataille. L’éditeur (Gallimard) indique que ce livre est le premier qu’elle a écrit directement en français. Elle a obtenu le prix Guillaume Apollinaire en 2014. Pour moi, le ciel à perdre, c’est l’autre, celui ou celle qu’on aime éperdument mais sans certitude. C’est aussi le risque de vivre intensément avec l’ivresse et le désenchantement. Je trouve son style limpide et d’une mystérieuse beauté.

Voici deux extraits :

Quand je suis prise de doutes

Quoi que tu écrives,
tu n’exprimeras point le sens,
car au commencement n’était pas le verbe
mais la joie des corps.

Ensuite est venue la saison de la douce faim.

***

Chaque fois que tu me dis
que demain n’existe pas
un vent masculin se précipite vers moi
gonfle ma robe et m’emporte
sur les hautes terrasses de septembre
où je peux longuement regarder ton ombre
m’approchant de tous les côtés.

Et il est inutile de te répondre
que l’absence aussi est un verbe
qui ne se conjugue qu’au présent
car chez toi c’est déjà l’hiver
et tu as raccroché l’écouteur.

Vous pouvez aussi écouter Aksinia Mihaylova dans cette vidéo. Elle parle très bien de l’écriture, de la poésie, de la langue : « Écrire un poème, c’est comme si tu avais fait l’amour avec l’homme de ta vie. »

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5 réflexions sur “Aksinia Mihaylova

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