Une petite histoire

Les raconteurs d’histoires professionnels (écrivains, scénaristes, dramaturges, chanteurs, conteurs) disent souvent qu’une idée est comme un fil rebelle qui dépasse d’un tissu et que leur travail consiste à tirer dessus pour voir ce qu’il va en sortir. Cette image m’a suffisamment intrigué pour écrire un poème qui est à son tour, je l’espère, une petite histoire.

Tirer sur le fil

Je vais tirer sur ce fil
qui dépasse du mur.
Que va-t-il en sortir ?
Un monstre ou une histoire ?

Un monstre au doux sourire
prisonnier sans mémoire,
une histoire embrouillée
Qui ne sait pas quoi dire.

Au sourire du monstre
j’y ai vu un miroir.
En tirant sur le fil
j’ai écouté l’histoire

d’un monde de décombres,
un secret bien gardé
par un monstre au regard
fasciné par un fil.

Je vais tirer dessus
jusqu’à ce qu’il vacille,
le mur comme le monde.
Que va-t-il se passer ?

Et si le monstre croit
qu’il suffit d’un sourire
pour être enfant du monde,
qui va le décevoir ?

Je reste face au mur
et le fil démêlé
d’une histoire achevée
m’empêche de savoir :

quand le fil est tiré,
quand le monstre a craché
la fin de son histoire,
le mur peut-il tenir ?

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10 réflexions sur “Une petite histoire

  1. Le mur n’existe pas, je crois, il n’est là que pour le fil qui n’est là que pour le monstre qui n’est là que pour l’histoire qui est là pour le rêve qu’elle nous apporte. C’est simple, léger, joli, efficace.

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