un quartier d’orange

Voici un poème de métro selon les règles de Jacques Jouet. Comme souvent, ce qui m’entoure déclenche l’écriture : en face de moi, une jeune femme mangeait des quartiers d’orange qu’elle sortait de son sac à main.

Libre échange
(poème de métro, ligne 8)

je suis prêt à recevoir
un regard comme un quartier d’orange,
une pelure de sourire au cœur du souterrain.
En échange, je suis prêt à donner
une gorgée de mes rêves ambulatoires
– ils ont une valeur mais je ne sais pas laquelle –
à tous les assoiffés.
A défaut d’orange, à défaut de regard
à défaut de sourire, autre chose
que des pouces tapotant pour glaner des bonbons.
Juste une œillade alors derrière des lunettes noires,
ou bien des lèvres minces que le rouge a scellé.
Sinon rien :
je ne peux rien recevoir, je n’ai rien à donner
qui vaille l’échange furtif au cœur du souterrain.
Mes rêves assoiffent les assoiffés
et le moindre espoir me donne faim.

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4 réflexions sur “un quartier d’orange

    1. Merci beaucoup Francis. La règle du poème de métro est beaucoup plus simple que la plupart des contraintes oulipiennes mais elle oblige à écrire vite et donc à accepter les mots tels qu’ils viennent.

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