un désir d’ailleurs

Voici quatre textes courts qui disent, chacun à leur manière, un désir d’ailleurs :

1
Si j’étais un homme
pétri, salé et cuit
dans la maison des hommes,
je chercherais partout
le salut par la fuite.
Je m’approcherais de la haute fenêtre,
je regarderais toutes les routes.
Je trahirais mes maîtres.
Je me sauverais sans doute.

2
Je m’échapperai par le ciel
puisque sur terre je dois creuser
des sillons longs et réguliers.
Le ciel aussi est sillonné
de lignes parallèles et croisées.
Il n’y a plus un seul territoire libre.

3
Un chat aux yeux vairons me dévisage.
Je guette le retour d’un signe.
Sur le portail d’un pavillon abandonné
une plaque de rouille figure
le pays où je pourrais vivre.

4
Bus bondé, heure de pointe.
Qu’est-ce que je fais de mon regard
lorsque la vie vacille ?
Je ne veux pas les voir
et je veux qu’ils m’ignorent.
Nous sommes pourtant si proches,
nous sommes tous les mêmes,
nous allons tous rejoindre
le désir au bras nus.

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2 réflexions sur “un désir d’ailleurs

  1. henriette dit :

    Je les lis comme une suite.
    Le premier mouvement est mon préféré. J’aime beaucoup ces vers:
    « une plaque de rouille figure
    le pays où je pourrais vivre. »
    Puis, « Qu’est-ce que je fais de mon regard
    lorsque la vie vacille ? »
    et « le désir au bras nus. » Comme un désir épuré.

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