quelle tempête !

Je viens de retrouver un poème écrit en 1999 au lendemain de la grande tempête qui avait traversé le pays. J’étais en Bretagne, une des régions les plus touchées. Dès l’accalmie, je suis allé marcher aux alentours pour voir l’ampleur des dégâts. Je me souviens également que les journaux télévisés n’étaient qu’une suite de témoignages de victimes qui avaient tout perdu, d’appels à la solidarité et à la prudence. Certaines personnes évoquaient même la fin du monde. J’ai écrit ce texte avec un sentiment de fragilité et en cherchant plus que jamais, moi aussi, une signification intime à cette manifestation naturelle.

Un refuge

C’est là-bas que je voudrais vivre :
buisson arraché sur le talus,
fil lâche et scintillant
des toiles d’araignées,
buée échappée du tronc foudroyé.

Dans ce refuge, je voudrais attendre :
amas de grêlons entre les pierres,
neige épaisse sur un sentier,
boue gelée contre un mur.
Attendre et observer,
face contre terre, face contre ciel.

Attendre une révélation
mais quelle révélation
n’est pas accaparée par les liens du langage ?
Être dans l’instant uni et anéanti
dans la matière meurtrie par la tempête.

Personne ici n’a vu de tels dégâts.
Tous se savent fragiles.
Les liens tiennent à peine,
peinent à remembrer la nature dévastée.
C’est sous ma langue que je voudrais dormir.

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2 réflexions sur “quelle tempête !

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