le souvenir d’un souvenir

L’enfance est un réservoir inépuisable d’inspiration. Mais le souvenir est comme une goutte d’alcool distillée par un tortueux alambic. A la fin ce qu’il en sort n’a pas forcément à voir avec ce qui a été vécu. Qu’importe, ce qui compte ce n’est plus la réalité mais le souvenir, et même souvent le souvenir d’un souvenir. Pour le poème à suivre, je ne saurais dire ce qui s’est réellement passé. Mais je me souviens d’exploration dans des maisons abandonnées qui ne l’étaient pas toujours.

Rouille

Rouille, sous nos doigts se détache.
Nous étions des enfants :
le portail entrouvert,
le jardin de folie,
rien ne nous faisait peur.

Nous étions des enfants :
l’été nous redonnait
l’espoir d’une vie pleine
d’endroits à découvrir,
de maisons à fouiller.

Une maison aux volets fermés
ou à peine entrouverts,
le jardin nourricier.
Nous étions seuls au monde,
enfants explorateurs.

Rouille sur une main décharnée,
une porte entrouverte,
un jardin de folie,
nous étions des enfants :
nous nous sommes cachés.

Une vieille dame décharnée
dans une robe déliée,
un jardin de folie
et sa main qui cherchait
des enfants à chérir.

Rouille dans sa bouche grande ouverte
qui voulait nous charmer
et qui nous faisait peur.
nous étions des enfants :
nous nous sommes sauvés.

Rouille sur l’été refermé,
une maison décharnée,
une vieille dame en folie,
nous ne sommes plus des enfants
et la vie nous fait peur.

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