souvenir et fantasme

J’ai écrit ce poème en souvenir d’un travesti croisé au petit matin à la sortie d’un hôpital. Je ne sais absolument rien de son histoire, j’ai tout inventé comme s’il s’agissait de moi. Mais les gens que l’on aperçoit peuvent nous laisser, en un instant, une impression si forte qu’elle ne s’efface jamais et permet le fantasme indispensable à toute création.

La plénitude aux bords noirs

A la poursuite,
à l’effrénée dégringolade,
au matin levé sur des dos cassés,
aux bords effacés par une nuit
de fête, de frictions, de chaloupes.
Des yeux
d’immédiates
débâcles.

Au miroir,
à la toux tenace, à l’effondrement
sur un canapé-lit, les restes qui pourrissent.
Aux troubles de la mémoire,
au sommeil inverse, au jour qui s’échappe.
Des coups
et des caresses
rêvées.

Aux proportions exactes :
ce corps dans ce corps
dans ce sommeil dans cet
effondrement de la mémoire :
des nuits sabordées, des chaloupes
qui pourrissent, des paupières
fermées sur des caresses :
la plénitude
aux bords
noirs.

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