ouvroir

L’ouvroir de littérature potentielle (OULIPO) rassemble depuis 1960 un groupe d’écrivains qui s’inventent des contraintes formelles pour faire surgir la poésie de façon inattendue. J’aime bien la définition de Raymond Queneau, l’un de ses fondateurs  qui se voyait, lui et ses amis, comme des« rats qui construisent eux-mêmes le labyrinthe dont ils se proposent de sortir. ».

De nombreuses contraintes sont proposées sur le site de l’oulipo. Elles n’y sont pas toutes. On peut même en inventer. Je me suis essayé à l’abécédaire, à la boule de neige fondante, au 4x4x4x4 (mais je le l’ai pas retrouvé dans la liste, celui-là). Voilà ce que ça donne :

  • L’abécédaire : texte où les initiales des mots successifs suivent l’ordre alphabétique.

Conseil au coach lyrique

Aux barytons craintifs dites : éternuez fort, gargarisez haut, inhalez joli, karcherisez lourd, marmonnez neigeux. Ou pour quinte rapide sans toux univoque, voussoyez wagnérienne Xinthia : youyou zéphyral.

  • La boule de neige fondante : une boule de neige de longueur n est un poème dont le premier vers est fait d’un mot d’une lettre, le second d’un mot de deux lettres, etc…. Le nième vers a n lettres. Une boule de neige fondante commence par un vers de n lettres, après quoi le nombre des lettres diminue d’une unité à chaque vers.

Orphelin

J’
ai
mal
pour
celui
appelé
souvent
orphelin
méconnu
oublié
renié
vite
dit

x

  •  le 4x4x4x4 : poème de quatre strophes de quatre vers de quatre mots de quatre lettres.

Gnou

Gnou boit lait noir
sous ciel bleu nuit,
tête vers plus soif,
lape tout même sang.

Pont pose deux plis
sous rive sans fond :
flot haut, plus haut
mais gnou fait bloc.

Quoi gite tout seul,
tête hors, pied pris ?
Gnou, cube sans bord,
noyé dans laid rêve.

Lors, ivre mort, râle
sans rien dire sauf :
« glou ». Mais trop tard :
boue pâle gobe gnou.

Enfin, si vous êtes à Paris, vous pouvez visiter l’exposition sur l’oulipo à la bibliothèque de l’Arsenal.  Voir tous les détails en cliquant ici .

J’y ai joué à un jeu dont j’ai oublié le nom. il y avait une série de 8 mots disposés en graphique sur une planche :

1) couleur, 2) vin, 3) étape, 4) Monseigneur, 5) original, 6) machine, 7) terreux, 8) couleur.

il fallait d’abord composer un texte court avec les mots dans l’ordre 1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8. Puis, un autre dans l’ordre 1, 3, 5, 7, 2, 4, 6, 8. Puis d’autres encore, en modifiant l’ordre des mots.

Voici mes essais :

1, 2, 3, 4, 5, 6, 7, 8

– De quelle couleur est le vin de palme ?

– Toutes à la fois et une par une. Ça vient par étape.Ça dépend de qui le boit : Bibi ou Monseigneur. C’est un breuvage original qui transforme le buveur lambda en machine à siphonner. Le goût passe du terreux au ciéleux. Et quand on le cuve, on rêve sans couleur.

1, 3, 5, 7, 2, 4, 6, 8

La couleur du maillot du dernier de l’étape devrait être translucide. Ce choix original permettrait de le distinguer du peloton des culs-terreux qui, pour gagner, usent du pot belge à défaut  de pot-de-vin. Ainsi le translucide passerait sans effort du rang de moins-que-rien de la guibolle à celui de Monseigneur du beau mollet. Mais attention, il ne faut surtout pas le laver en machine, (le maillot pas le coureur), sinon il risquerait d’attraper une couleur.

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