écrire juste

Certains poèmes sont longs à écrire et encore plus longs à corriger et à reconnaître. D’autres viennent d’un seul trait, en quelques minutes. J’ai écrit très rapidement le poème à suivre. Les premiers mots sont venus alors que je rentrais chez moi en vélo, un soir. A peine, étais-je rentré que j’écrivais le texte, tel quel. Mais l’instantanéité n’est pas en soi un présage de qualité ni même de franchise. Peut-être faut-il mieux suer sang et eau pour écrire juste ?

Dans l’instant

J’habite une maison dans le vent.
j’habite une maison dans le souffle :
un terrier dans le ciel, un nid dans le sommeil.
J’habite une maison dans l’instant.

J’ai un jardin dans ma mémoire.
J’ai un jardin d’arbres puissants :
un fracas d’ombres froides, une furie d’herbes folles.
J’ai un jardin dans le présent.

Je cache un fou dans un miroir.
J’abrite un fou qui sait se taire :
un danseur qui se fige, un voleur de sourire.
Je cache un fou dans mon regard.

Je laisse les murs à l’abandon.
Je laisse le toit tomber en ruines :
une trouée dans le ciel, une fuite dans le souffle.
Je claque la porte de l’instant.

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