droite et légère

Voici  un poème  inspiré d’une jeune femme rom croisée sur le quai d’une station de métro, à Bastille, je crois.  Elle m’est apparue à la fois si libre et si dédaigneuse que je ne l’ai pas oubliée.

La belle marche

La belle marche en pauvreté
pieds nus sur le quai du métro
droite et légère sous les regards.

Sous les regards embarrassés,
la belle marche célébrée,
qui font semblant de ne rien voir.

La belle marche aux yeux ouverts,
qui font semblant d’être occupés,
pose le pied sur nos mémoires.

Chacun ailleurs et enfermé,
occupé à se souvenir,
la belle marche sans histoire.

Pieds nus parmi les dos courbés,
la belle marche en liberté,
qui se redressent sur son passage.

Droite et légère dans nos mémoires,
la belle marche singulière
devient l’instant inoubliable.

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